saison 02

ART ET NOUVELLES TECHNOLOGIES

Recevoir, émettre, traiter, stocker, éditer : c’est sur le modèle de son propre fonctionnement que l’homme a créé les machines. En leur retransmettant le propre du vivant, nous nous sommes contraints à redéfinir les notions de temps, d’espace et d’individu. Nous avons externalisé, en les sortant de nos têtes et en les confiant à des machines, les facultés de mémoire, d’imagination et de raison ; nous avons modifié notre rapport à l’espace géopolitique en ouvrant les réseaux de communication de manière illimitée ; nous avons fait évoluer notre langage vers une autre forme d’écriture. Faut-il, pour autant, avoir peur des nouvelles technologies ? A la lecture des romans de George Orwell (1984), Aldous Huxley (Le meilleur des mondes), Samuel Butler (Erewhon), ou plus récemment Margaret Atwood (La servante écarlate) et Kazuo Ishiguro (Never let me go), oui, assurément lorsque la technologie nous échappe et qu’elle est utilisée à d’autres fins moins nobles que celle d’améliorer la qualité de vie de l’être humain. Les dérives du progrès de la science et des technologies posent, dans tous les cas, la question de nos libertés fondamentales. Auteurs de romans d’anticipation dystopique et scientifiques s’accordent pour dire que les machines réinterrogent notre regard sur nous-mêmes. Philosophe et mathématicien, Pierre Cassou-Noguès, souligne dans Technofictions (Cerf, 2019) : « c’est parce que la technologie contemporaine modifie notre forme de vie, que son sens doit être interrogé ». C’est ce que nous nous efforcerons de faire tout au long de cette nouvelle saison culturelle, en portant notre regard sur le rôle de l’art et sur l’usage que font nos artistes invités des nouvelles technologies. 

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